Famille de BORDEAUX élection de Vire

de gueules à 3 merlettes d'argent

La Noblesse Normande compte deux familles de Bordeaux, L'une, originaire des Andelys, anoblie en 1571, fut maintenue par La Galissonnière en 1667, L'autre, demeurant dans la généralité de Caen, élection de Vire, a vu reconnaître sa noblesse dès 1482 puis lors des recherches de l'Intendant de Mesmes de Roissy, en 1598 : Elle n'existait plus au temps de Chamillart -C'est celle dont il est ici question,

Cette famille de Bordeaux est aujourd'hi décrite comme ayant tenu de tous temps le petit fief relevant de la baronnie de Coulonces auquel elle avait donné son nom, on a dit qu'elle était connue depuis la participation de Guillaume de Bordeaux à la Première Croisade (1070), citant aussi Rogervivant l'an 1150, Thierry , en1180, Roger II qui s'est fait prêtre après la mort de son épouse (1254), Geoffroy (1293) et son contemporain Thibault, chanoine de Bayeux (selon le Livre Noir de l'Eglise de Bayeux, tome II), Hue de Bordeaux qui a rendu aveu du fief de Bordeaux au seigneur de Coulonces en 1329, Guillaume II, qui vivait en 1338 et Thomas, qui est cité en 1370 et 1392,

C'est à partir de ce Thomas que l'on connaît les épouses : il avait épousé Gervaise de MARTILLY, du nom d'une seigneurie dont la famille de Bordeaux fera l'acquisition auprès d'un certain Guillaume Henry au XVIème siècle, On trouve ensuite Guillaume III qui épouse, ca 1399, Raoulette de TALLEVENDE : il y a tout lieu de penser qu'il est le frère de Girette x 1404 Robert BERNARD, Sr de Tiregray, Il est en tous cas le père de Gilles et de Marguerite x ca 1420 Raoul de La ROQUE, Sr du Ménillet

La filiation n'est connue qu'après ce Gilles dont on sait par Montfaut, qui l'a recensé à Vire en 1463, qu'il avait un fils nommé Jean, - Laurent de Bordeaux « dudit lieu » les accompagnait devant Montfaut, mais on ne sait s'il est frère, fils ou cousin de Gilles : il est en tous cas compris dans la maintenue de noblesse qui sera accordée par un arrêt du Conseil Privé du Riu, pris le 10 juin 1482 et annulant une décision contraire de la Cour des Aides de Rouen : c'est à tort que celle-ci s'était fondée sur le rejet de Montfaut, dont le Roi avait décidé que ses Recherches devraient rester sans effets ni conséquences1,

Les Recherches de 1624 à Vire, sergenterie du Tourneur, mentionnent Michel de Bordeaux Sr de La Rivière fils Jean, fils Philippe, fils Richard, marié en 1490 avec Jeanne Le PAINTEUR, Ce Richard pourrait être le fils de Laurent,le frère cadet de Jean ou encore la même persoe que Richard, Sr de Bordeaux, fils de Jean et Jeanne de VAUX: : l'Abbé Bourrienne et Durand de Saint-Front se rangent à cette troisième hypothèse d'un seul et même Richard ce qui nous paraît discutable, comme il sera expliqué ci-dessous, Il reste que, dès avant le début du XVIème siècle, la famille de Bordeaux se divisait en deux branches installées l'une sur le fief de Bordeaux, paroisse de Coulonces,sergenterie de Vassy, et l'autre, dite des Sr de La Rivière, demeurant sergenterie du Tourneur,

Généalogie :

Branche des Sr de Bordeaux

I – Gilles de Bordeaux, Sr de Bordeaux,

Selon Durand de Saint-Front, Gilles de Bordeaux et ses fils Jean et Laurent ont été déboutés par Montfaut au motif que Gilles ne serait pas né d'un mariage légitime – si tel était le cas, il en résulterait que Raoulette de Tallevende, qui s'est remariée avec un LE CORDIER, sieur de Frédouit, a laissé déposséder sa fille unique, Marguerite, mariée dans la puissante famille de La Roque, ce qui semmble hors de question, Nous pensons que, pour avoir hérité du fief de Bordeaux, il faut que Gilles de Bordeaux soit légitime ou à tout le moins reconnu, ce qui aurait été opposable à Montfaut, Pendant l'occupation anglaise, il avait été autorisé à exercer les droits de justice liés au fief de Bordeaux et c'est peut-être plutôt parce qu'il s'est soumis au roi d'Angleterre que Montfaut a jugé utile de lui refuser la qualité de noble,

Quoiqu'il en soit, Gilles de Bordeaux avait épousé en 1425 Jeanne CORBELIN qui lui a donné pour enfants : Jean, auteur de la Branche aînée qui suit peut-être Richard, auteur de la Branche de La Rivière qui suivra,

II – A : Jean de Bordeaux,

Homme d'armes dans la compagnie d'Alain Goyon de Matignon, qui était aussi le Bailli de Caen, Jean de Bordeaux aurait, selon Durand de Saint-Front, bénéficié d'une protection particulière de Louis XI : il en voit la preuve dans le fait qu'il fut exempté de payer la taille par lettres patentes du 29 avril 1472, puis reconnu noble d'ancienne extraction par un arrêté du Conseil Privé du 10 juin 1482 – Jean de Bordeaux a été exempté de la taille pour avoir logé des gens de guerre dans sa maison de Vire, ce qui ne constitue pas une preuve d'amitié royale mais la récompense habituelle de ce type de service, Quant à l'arrêt du Conseil Privé, il a été rendu sur appel d'une décision de la Cour du Parlement de Rouen, selon la procédure habituelle : il démontre d'autant moins une faveur personnelle du Roi qu'il a bénéficié également à Laurent, ce qui tend à témoigner plutôt du souci de Louis XI de se concilier la noblesse de Normandie qui s'était montrée particulièrement rebelle au début de son règne,

Jean de Bordeaux a épousé Jeanne de VAUX, fille de Jean, Sr de Vaux sur Aure, d'où cinq fils et au moins une fille : Richard, Sr de Bordeaux, qui suit François, baron de Coulonces, qui suivra Gilles, qui disputa à François, en 1505, la prééminence dans le choeur de l'église de Coulonces Pierre, curé de Coulonces, + 1534 Thomas x Jeanne LEBEGUE et Catherine x 1490 Guillaume GAULTIER, Sr d'Urou, d'où Jean, Sr de Beaurepaire

III – A - 1 : Richard de Bordeaux,

En 1519, il est cité comme Sr de Bordeaux dans l'aveu que fait son frère François de la baronie de Coulonces, Pour sa part, il rend rendu aveu au baron de Coulonces, en 1515, pour le fief de Villiers, et en 1520, pour la Poussinnière, Il avait épousé, en 1486, Marie Payen, fille de Jean2, Sr de la Lande-Vaumont et de Campagnolles,d'où : Guillaume, qui suit ainsi que : Catherine x 1520 Jean GAULTIER, son cousin germain, qui vend Urou et achète le fief de Beaurepaire, Leur fils Pierre laissera deux enfants, André GAULTIER, dit BORDEAUX-BEAUREPAIRE, mort sans postérité en 1639, et Louise x 1636 Jacques de VARIGNIERE : ce rameau, qui était établi sur un fief aussi dénommé Bordeaux, situé à St-Denis de Méré, canton de Thury-Harcourt, a été dénommé Bordeaux-Beaurepaire par le Rôle des Gentilshommes de Caen de 1640, Madeleine x 1512 Gilles de GOUVETS, Lieutenant général en la vicomté de Vire Jacqueline x ca 1520 Jean de La BIGNE, d'où de nombreux enfants dont un fils, Jean x 1546 Jacqueline de BANVILLE,et une fille, Marie x Jean de BANVILLE, auteur de la branche de Trutemer

IV – A - 1 : Guillaume IV de Bordeaux, Sr de Bordeaux,

Reçu conseiller du Parlement de Rouen, en 1537, et doyen du Parlement en 1568, il est qualifié par Frondeville Sr de la Poussinnière, Son étude relève qu'il n'étaiit pas très empressé de remplir sa charge et, s'étant excusé de ne venir siéger à cause de la peste régnant à Rouen et aux environs, il fut sèchement prié de venir prendre sa place, Al'inverse, il se fait exempter de cotiser au Ban et Arrière-Ban de Caen, en 1552, parce qu'il demeure à Rouen

En 1554, il s'associe à Nicolas MAHEAS, Sr de la Graverie, Pierre Le MIERE, Sr de la Ruaudière, et François LANGEVIN, bourgeois de Vire, pour acheter la ferme des vins et menus boires de Vire, au prix de quelque 8 500 £ qui sont payées au Receveur général des Finances à Caen En 1556, il achète à la succession de Barnabé de SAINTE-MARIE, le fief d'Etouvy qui était divisé en deux vavassoiries, la Guilberdière et la Malloisière, En 1559, il est chargé d'instruire le meurtre du Sr de Ralloville perpétré à St-Pierre l'Eglise par le Sr de Sideville,

Il avait épousé en 1535 sa cousine germaine, Françoise, fille de François de Bordeaux, qui meurt en 1566 et dont il n'aura eu qu'un fils unique, Louis, qui suivra (5ème génération), Après la mort du baron de Coulonces, il s'affrontera à son jeune beau-frère, Antoine de Bordeaux, baron de Coulonces, à propos des contours exacts de son fief de Bordeaux : sans doute s'agissait-il de droits qu'il revendiquait à cause de sa femme

III – A - 2 : François de Bordeaux, baron de Coulonces

Il a fait la guerre en Italie sous Charles VIII, et rempli plusieurs ambassades pour François 1er, lorsque celui-ci recherchait en Europe un époux digne de sa belle-soeur et pupille, Renée de France, fille de Louis XII et d'Anne de Bretagne, jeune soeur de la reine Claude3,

Dès 1492, il charge Richard de Bordeaux de négocier pour lui l'acquisition de la baronnie de Coulonces, dont relevaient les fiefs de Bordeaux et d'Etouvy, L'Abbé Bourrienne emploie une formule ambigûe ppur qualifier ce Richarde dont il dit à la fois qu'il est Sr de Bordeaux et cousin4 de François, Si l'on estime qu'il n'existait qu'un seul Richard de Bordeaux, Sr de Bordeaux, sergenterie de Vassy, et de la Rivière, sergenterie du Tourneur, il s'agirait du frère de François,,, quoiqu'il en soit le ,itulaire de la baronnie, en 1515, était Pierre de TOURNEBU, qui n'avait pas de parents proches, se trouvait contraint de vendre, mais souhaitait en jouir (conserver l'usufruit) jusqu'à sa mort, - François, lui, avait hâte de détenir un fief assez important pour obtenir un titre de conseiller au Parlement de Rouen : A son retour du Brandebourg, où l' avait envoyé François 1er, il recueille d'un coup tous les fruits de ses diverses menée : il devient la même année baron de Coulonces et Président du Parlement de Rouen, Au surplus, le Roi le dispense de payer quelque droit sur sa baronnie (Lettres du 24,04,1515), « à cause de ses voyages en Angleterre et en Ecosse, pour le Traité de paix »

Le 18 juin 1519, François de Coulonces rend aveu et hommage de sa baronnie en présence de Richard de Bordeaux qui en tient le fief de Bordeaux, et de Jean Le Large dit Collardin, qui tient le fief de la Pinsonnière,

Cette baronnie, dont le chef était paroisse de Coulonces, s'étendait sur les paroisses de Saint-Manvieu, Saint-Germain et Saint-Martin de Tallevende, Septfrères, Mombray et St-Pierre en Tarentaine, En relevaient, outre le fief de Bordeaux, la baronnie de Gouvets et Boisnantier (qui en représentait la tierce partie tenue par Gilles d'OUESSEY), les fiefs d'Etouvy (Barnabé de SAINTE-MARIE), Vaudry (Nicolas de BANVILLE), Viessoix, Asnebec (Guillaume BERNARD), Busseel, Frédouit (Jacques Le CORDIER), Saint-Aubin des Bois alias Thyéville (Christophe GOUYON), Villiers (alias Cottun, tenu par Robert de Bordeaux, frère du baron), ainsi que le petit fief d'Estry, paroisse d'Estry (Regnault du CHASTEL), les Bonsfaits (paroisse de Montchamp, Regnault du Chastel) et la Charbonnière (sise à Champrépus),

François de Bordeaux, qui est mort le 14 janvier 1527, avait épousé Florimonde de La BARRE, fille ou nièce du Prévôt de Paris, dont il a eu trois filles et un fils : Françoise x Guillaume de Bordeaux, son cousin, comme dit ci-dessus Anne x Jacques d'ASSY Jeanne x Pierre de GUILLEBERT, Sr de Secqueville Antoine, qui suit

IV – A - 2 : Antoine de Bordeaux, baron de Coulonces

C'est par erreur que l'Abbé Bourrienne présente Antoine de Bordeaux comme un petit-fils de François de Bordeaux, Dernier enfant du baron de Coulonces, il était mineur au décès de son Père, et fut mis hors de garde en 1549, Son parent, Jean de Bordeaux fut son procureur, probablement à partir de 1541, date à laquelle Florimonde de La Barre fait dénombrement de la baronnie

Le 7 mai 1550, il rend aveu et hommage de sa baronnie, avec solennité et devant de nombreux témoins, dont le texte de l'aveu donne une liste respectueuse du protocole : sont tout d'abord cités des prêtres amis - Pierre PIGASSE, prieur de Roullours, François de TALLEVENDE, prieur de Buays, et Jean de La CROIX, doyen des Vaux de Vire Vient ensuite une liste de parents et alliés - Gilles de GOUVETS, 60 ans, qui fut lieutenant général de la ville et château de Vire, époux de Madeleine de Bordeaux, Jean de La BIGNE, 55 ans , époux de Jacqueline de Bordeaux, Jean de BANVILLE, son gendre, venu aussi pour représenter son père, Nicolas, Sr de Vaudry, Jean RUAULT, Sr de St-Olin, 35 ans, fils de Guillaume et de Marguerite de Bordeaux que nous retrouverons dans la branche des Bordeaux de la Rivière – Robert de La CROIX, 60 ans, qui est des La Croix du Mesnil-Bacon et l'époux de Marguerite Payen – Sont nommés enfin des tenants de fiefs relevant de la baronnie ainsi que des voisins tels que Pierre de PERCY, Sr de Montchamp, 31 ans, Barnabé de SAINTE-MARIE, 58 ans, qui est encore Sr d'Etouvy, et Gabriel son fils, 31 ans, Guillaume BERNARD, 55 ans, est sans doute convié comme tenant d'Asnebec, mais peut-être aussi comme représentant la baronnie de Landelle à laquelle celle de Coulonces doit une petite rente payable de trois ans en trois ans et qui appartient pour l'heure à la jeune Françoise Le NANTIER, mineure sous la garde de sa Mère, Catherine Surreau, En dernier lieu, on relève la présence de Jean du ROSEL, 40 ans, qui est le Lieutenant général du bailli de Caen à Vire

En 1552, Antoine de Bordeaux est exempté, comme son beau-frère et cousin germain Guillaume, de cotiser au Ban de 1552, parce qu'il demeure à Rouen En 1555, il rend les comptes de tutelle des filles de Gilles d'OUESSEY, baron de Gouvets, qui avaient été sous sa garde noble après le décès de leur Père,

Antoine de Bordeaux n'a pas eu d'enfant de son mariage avec Marguerite de BOUQUETOT, qui avait été Dame d'Honneur de Madame soeur du Roi (Marguerite de Valois, duchesse d'Alençon) : C'est sans doute sous l'influence de cette grande dame que le couple se convertit à la Religion Réformée qu'elle protégeait de toute son influence sur son royal frère cadet,

Après lui, qui disparaît en 1568,ce sont donc ses trois soeurs qui héritent de la baronnie, Seule vit encore la plus jeune, Jeanne, veuve de Pierre de GUILLEBERT, Sr de Secqueville5, Les deux aînées sont représentées chacune par leur fils respectif, Louis de Bordeaux, Sr de Bordeaux, pour Françoise x Guillaume IV de Bordeaux, et François d'ASSY, pour Anne x Jacques d'ASSY, La succession comportait non seulement la baronnie mais aussi le fief de Martilly, assis paroisse de St-Martin de Tallevende, que Florimonde de La BARRE avait acheté de ses propres deniers au début de son mariage, Les dettes se limitaient au douaire de la veuve, 250 £ par an, à une rente du même montant payable à la veuve de Pierre Le MIERE, en son vivant Sr de la Ruaudière et de la Pinsonnière, une autre rente de 100 £ due au Baron de PONT-BELLANGER et une petite rente de 16 £ payable de trois ans en trois ans à la baronnie de Landelles,

La baronnie fut donc partagée en trois lots, mais, l'acte de partage prévoyant que « au Sr de Bordeaux demeure la tenure par parage en chacun des lots suivant la coutume du pays » elle resta en pratique dans la famille de Bordeaux, passant des cadets à la branche aînée,

V – A - 1 et 2 : Louis de Bordeaux, chevalier, Sr de Bordeaux et d'Etouvy, baron de Coulonces,

Gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi et lieutenant de 50 hommes d'armes de ses ordonnances, Louis de Bordeaux, qui appartient à la branche aînée des Sr de Bordeaux par son Père,et au Rameau de Coulonces par sa Mère, fut gouverneur et capitaine de la ville et château de Vire de 1581 à 1605,

Distingué par sa valeur à la bataille de Moncontour (défaite de Coligny,1569), envoyé en mission par Henri III auprès d'Henri de Navarre, il éleva contre la Ligue le retranchement du château de Vire, Dès 1582, il résigna sa charge de vicomte de Vire en faveur de Claude de Bordeaux, mais conserva son poste de Gouverneur de la ville et château de Vire jusqu'à sa mort, en 1605 Son épitaphe, due au poète virois Thomas Sonnet Courval (1559-1627), le proclame : «le plus digne seigneur qu'on ait vu sous les cieux, c'est ce grand de Bordeaux, l'abrégé et le centre où toutes les vertus se venaient terminer », et le qualifie de « sage Nestor qui savait si bien joindre Minerve à Mars »,

Il avait épousé en 1573 Anne d'EPINEY, veuve de Guy du PARC, baron d'Ingrandes et de Bernières, dont il n'eut point d'enfant : avec lui s'est donc éteinte la branche aînée de la famille de Bordeaux,

En 1587, il est appelé à cotiser au Ban et Arrière-ban de la vicomté de Caen pour ses fiefs de Bordeaux et d'Etouvy à hauteur de 200 £ et taxé de 300 £ au titre de la baronnie de Coulonces pour 500 £ : mais il est exempté, son office de Gouverneur de la ville et château de Vire valant service du Roi

Après lui, la baronnie de Coulonces, en laquelle les d'ASSY et les GUILLEBERT avaient chacune accru sa part de la moitié du lot qui lui était échu, fut l'objet de procédures incessantes, portant notamment sur le titre de baron dont il a, curieusement, été plaidé qu'il devait revenir à celui qui avait la chapelle du manoir dans son lot6 : en fait, chacun des titulaires successifs de l'un ou l'autre lot a porté ce titre sans causer d'autre gêne que la susceptibilité du camp adverse puisqu'il était depuis longtemps dénué de toute portée concrète, François d'ASSY avait certes fait inscrire en codicille dans l'acte de partage de la succession de son oncle Louis que « le tenant du second lot ne se pourra qualifier de baron de Coulonces, qualité qui (lui) appartient purement et simplement , Mais les GUILLEBERT portaient déjà tranquillement ce titre depuis 15877, et l'acquisition d'une tierce partie de la succession d'Antoine de Bordeaux : ils ont tranquillement persisté à le porter, ainsi que leurs descendants

C''est Philippe de GUILLEBERT qui succéda au poste de Gouverneur de Vire et le transmit en 1617 à son propre fils, Louis, lequel l'a occupé jusqu'en 16628, Par la suite, cette charge fut occupée par les SARCILLY, descendants de Prégente d'ASSY, fille de François,

En application du principe de partage par ligne, les biens que Louis tenait du côté maternel (la baronnie de Coulonces et le fief de Martilly), étaient dévolus à ses parents du côté maternel, savoir les soeurs de sa Mère, tandis que ceux qu'il tenait du côté paternel revenaient à ses parents du côté paternel, savoir les soeurs de Guillaume de Bordeaux, Madeleine x Gilles de GOUVETS, et Catherine x Jean GAULTIER, Sr de Beaurepaire : leurs petits-fils respectifs, Gilles de GOUVETS et André GAULTIER de BEAUREPAIRE se sont donc partagé les fiefs deBordeaux et d'Etouvy,qu'ils ont ensuite à nouveau réunis en une seule main par le mariage de la fille de Gilles de GOUVETS avec André GAULTIER de BEAUREPAIRE, celui-ci est mort en 1639 ne laissant pour héritiers que sa soeur Louise x Jacques de Varigny,

L'Abbé Bourrienne se demande qui était cette Jeanne de Bordeaux, dite héritière des acqupets et conquêts du Sr de Bordeaux, avec laquelle Gilles de Gouvets et André Gaultier ont transigé avant de procéder au partage entre eux de la succession de Louis de Bordeaux, L'accord était censé constituer le remplacement de biens propres paternels que le défunt de Bordeaux aurait aliénés, et la somme à verserpar jeanne de Bordeaux devrait être partagée entre eux à l'échéance fixée par la transaction : il ne peut s'agir que d'une mauvaise lecture du prénom (sans doute écrit en abrégé) de Jacqueline de Bordeaux, troisième soeur de Guillaume, qui avait sans doute obtenu une dot trop largement comptée, sous forme de versement financier ou de terres acquises pour elle : son procureur (ou plutôt celui de ses héritiers) aura réclamé un délai pour payer une soulte afin de ramener à égalité la part de succession due à chacune des trois soeurs de Guillaume de Bordeaux,

Branche des Sr de La Rivière

En 1598, l'Intendant de Mesmes de Roissy avait reconnu sans réticence l'ancienne noblesse deMichel de Bordeaux, Sr de la Rivière, et de son fils Gabriel, – En 1624, Michel, qui produit, présente une généalogie qui commence avec Richard de Bordeaux, sr de la Rivière, paroisse du Tourneur, marié en 1490 avec Jeanne Le Paincteur, indiquant aussi Philippe, fils de ce Richard, qui a épousé Jeanne de Banville en 1520 et que l'on retrouve comme cotisant au Ban de 1552 pour le fief de la Rivière,

Il y aurait donc deux Richard de Bordeaux contemporains, à moins d'imaginer que Richard de Bordeaux, Sr de Bordeaux, fils de Jean et Jeanne de Vaux, se soit marié deux fois, ce qui est la version de Durand de Saint-Front, Cette version, qui suppose que Marie Payen aurait donné quatre enfants à son époux entre 1486 et 1490, pose la question de savoir pourquoi ce Richard, Sr de Bordeaux et Villiers serait, en 1624, simplement désigné comme Sr de La Rivière, D'autre part, si Philippe avait été le demi-frère de Guillaume, nul doute que le fief de Villiers lui serait échu au décès de leur père, or on retrouve ce fief dans le patrimoine du fils de Guillaume, Louis, Enfin, il est important de noter que, jusqu'à l'achat de la baronnie de Coulonces par François de Bordeaux, c'est la branche des Sr de La Rivière, dont on connaît la filiation qu'à partir de Richard et Jeanne Le Paincteur, qui est connue sans que l'on puisse préciser son rattachement à Jean et Jeanne de Vaux, Or, aucun auteur ne lui attribue le fief de Bordeaux, Il nous apparaît donc qu'il a bien existé deux Richard de Bordeaux, le Sr de la Rivière étant sans doute un fils de Laurent, et le cousin germain des fils de Jean C''est donc à la deuxième génération que nous plaçons Richard dans la présentation ci-dessous de la branche cadette de la famille de Bordeaux,

II – B : Richard de Bordeaux, Sr de La Rivière,

Il a épousé Jeanne Le PAINTEUR en 1490, Ses fils, Philippe et Gabriel, sont cités par l'Intendant de Mesmes de Roissy qui maintient Michel de Bordeaux dans sa noblesse en indiquant:qu'il est le fils de Jean, ayant « pour oncle Gabriel, Sr de Courville, fils de Philippe, frère de son père », Richard de Bordeaux est aussi le père de Marguerite x Guillaume RUAULT, d'où Jean, Sr de Saint-Olin (+ 1586 à l'âge de 72 ans) Jeanne x 31,10,1517 Jean de THOURY,

III – B : Philippe de Bordeaux, Sr de La Rivière,

Il épouse Jacqueline de BANVILLE, fille de Nicolas, Sr de Pierres et de Vaudry, et de Michelle du PARC – ce qui fera de lui le beau-frère de de deux des enfants de sa cousine Jacqueline de Bordeaux, Les Recherches de 1624 datent ce mariage de 1524, ce qui tend à indiquer que cette demoiselle de Banville était l'une des aînés des sept enfants de Nicolas de Banville, Sr de Vaudry, dont la famille était étroitement imbriquée avec celles des La Bigne et des Bordeaux

En effet, Nicolas de Banville et Michelle du Parc ont eu quatre filles, dont Jacqueline x 1524 Philippe de Bordeaux, et trois fils :dont Robert x 1500 Marie de La Bigne (° 1523), fille de Jean III de La Bigne, Jacques x Marguerite de Bordeaux , fille de Richard et Jeanne le Painteur,et Jean x 1546 autre Marie de La Bigne, fille Jean IV deLa Bigne et Jacqueline de Bordeaux

Philippe de Bordeaux cotise au Ban et Arrière-Ban de 1552 pour son fief de la Rivière, situé paroisse du Tourneur – en 1568, il délègue son fils Jean, En 1576, il est cité comme Maître des Eaux et Forêts de Vire,

On lui connaît deux fils,: Jean, qui suit, Gabriel, qualifié de Sr de Carville dans les Recherches de l'Intendant de Mesmes de Roissy, en 1598, En 1586, il participe au conseil de tutelle tenu à Carville, pour les enfants sous-âgés de son neveu Jean RUAULT, Sr de St-Olin et sergent hérédital de Troarn, fils de sa soeur Marguerite Il ne semble pas avoir été marié, et trois filles, Marguerite x ca 1540 Jacques de BANVILLE, auteur de la branche de Précaire, de la paroisse de Guilberville Catherine qui épouse, en 1548, son cousin, Guillaume de THOURY, Sr de Roullours, fils de Jean x 1517 Jeanne de Bordeaux, Françoise de Bordeaux x ca 1540 Jean de VERNAY

IV – B : Jean de Bordeaux, Sr de La Rivière et de Gourguesson

Jean de Bordeaux succède à son Père dans la charge de Maître des Eaux et Forêts de Vire,

Il épouse Péronne de La RIVIERE, Il cotise au Ban de 1587 pour le fief de La Rivière hérité de son Père,et pour le fief de Gourguesson, proche de Vassy, dont on a dit qu'il l'avait acheté, Mais ce fief figure au Ban de 1552 comme appartenant aux hoirs de Michel de La RIVIERE, époux de Jeanne Le CORDIER, auquel on connaît deux filles Barbe x Gilles DAVOT et Catherine x 1548 Jean THOURY : Péronne est évidemment leur soeur, et l'héritière de Gourguesson : le traité de mariage est conclu en 1546,

De 1541 à 1549, il fut procureur d'Antoine de Bordeaux pour la tenure de la baronnie de Coulonces : celui-ci était alors dans ce que l'on appelait la petite majorité qui permet de prendre toute décisions sur sez biens sauf de les aliéner :Florimonde de La Barre, qui avait la garde noble, eut recours à ce cousin plutôt qu'à son beau-frère Guillaume de Bordeaux, chef de nom et l'époux d'une soeur de son mari, en raison du conflit ouver par celui-ci dans le but d'étendre ses droits sur son fief de Bordeaux aux dépens de ceux du baron de Coulonces dont il relevait et auquel il devait foi et hommage,

En 1584,Jean de Bordeaux participe au conseil de tutelle des enfants sous-âgés d'Etienne de BANVILLE, son cousin germain maternel, fils de Robert de BANVILLE On note la présence de René de Bordeaux, prieur de St-Vigor des Monts, également à titre de cousin paternel,

Jean de Bordeaux figure encore sur les rôles des Ban et Arrière-Ban de la vicomté de Caen pour 1597, mais il est décédé avant 1588, année du partage de sa succession entre ses deux fils, Michel, qui suit, et un prêtre, nommé Jean dans les recherches de 1624, mais qui pourrait être ce René, prieur de St-Vigor des Monts dont il est question ci-dessus, On lui connaît également deux filles : Jacqueline x 1585 Jean de PERTHOU, Sr de Maisoncelles Madeleine x 1601 Robert de FREVAL, Sr du Fresne,

V – B : Michel de Bordeaux, Sr de La Rivière et de Gourguesson

En 1598, Michel de Bordeaux produit ses preuves de noblesse pour lui-même et pour son oncle Gabriel devant l'Intendant de Mesmes de Roissy Il avait partagé la succession de son Père avec son frère, Jean, en 1588 En 1607, il est nommé Lieutenant général des Eaux et Forêts de la Table de Marbre au Palais de Rouen, Il n'a pas eu d'enfants de son mariage, en 1608, avec Jeanne de MONTCHAUVEAU,

Devant M, Aligre, en 1634, c'est Jeanne de Montchauveau qui produit les titres prouvant la noblesse de feu Michel, son mari, et de Me Jean, prêtre, frère du défunt, enfants de Jean, fils Philippe, fils Richard de Bordeaux, écuyer,C'est dont entre 1624 et 1634, que cette famille s'est éteinte après avoir donné pendanrt plus de deux siècles dans la vicomté et ville de Vire, les marques d'un service continu de l'intérêt général, Quelques traces architecturales en ont longtemps rappelé la mémoire, notamment les travaux extraordinaires entrepris pour conduire l'eau jusqu'au château de Bordeaux, à partir de sources sises paroisse de Neuville, grâce à des canalisations passant sous la rivière Vire : après la mort de Louis de Bordeaux, l'entretien de ces canalisations et l'utilisation de cette eau donna lieu à moult procès entre ses héritiers et les paroissiens de Neuville

Claude de Bordeaux, à qui Louis, baron de Coulonces, résigne sa charge de vicomte de Vire en 1582 est anobli la même année, Il y renonce en 1588 en faveur de Jean de Perthou, Il portait « d'or à une fasce d'azur chargée d'une tête de léopard accompagnée de trois roses de gueules » - des armes très différentes de celles de la famille des barons de Coulonces et des Sr de La Rivière dont l'ancienne noblesse avait été reconnue par arrêt du conseil en 1482 et par l'Intendant de Mesmes de Roissy, en 1598, Il est donc difficile d'affirmer qu'il serait un membre de cette famille dont il était néanmoins très évidemment proche et estimé, Tout ce que l'on se permettra de souligner, c'est que la résignation à son profit de la charge de vicomte de Vire représente une sorte de reconnaissance implicite, et qu'en retour, il a cédé sa charge à Jean de PERTHOU, époux d'une dlle de Bordeaux, Il est en tous cas de la même génération que Jean et Gabriel, les fils de Philippe –mais, s'il assiste au conseil de tutelle des enfants d'Etienne de Banvill, neveu de Philippe de Bordeaux, c'est en qualité de vicomte de Vire et non de parent du défunt

Nobiliaire d'Isarny : BORDEAUX, Sr de la Rivière (de) Normandie : rayée par Montfaut (Gilles et Jean, son fils, Laurent, à Vire), cette famille a été maintenue noble par arrêt de la Cour des Aides de Rouen le 10.06 1482 (B.N., manuscrit français Nouvelles Acquisitions 12394) puis par l'intendant Jean-Jacques de Mesmes, Sr de Roissy le 05.02.1599, sur preuves produites par Michel, Sr de la Rivière (fils Jean, fils Philippe, Maître particulier des Eaux et Forêts de Vire) et Louis, baron de Coulonces (fils Guillaume, capitaine de la ville et du château de Vire) - (B.N., fr. 11929 - Armes : de gueules à 3 merlettes d'argent –Famille illustrée par François de Bordeaux, ambassadeur de François Ier en 1518, Premier Président du Parlement de Rouen en 1519, + 1527. Sources :Montfaut – Roissy – Aligre -Chamillart – ainsi que les rôles du Ban et Arrière Ban du bailliage de Caen de 1552 (Emile Travers), 1568 et 1587 (Dom Lenoir), l'ouvrage de l'Abbé Bourrienne : »Les barons de Coulonces » - l'étude de l'Abbé Traverson sur les relevés de Dom Lenoir – l'ouvrage de M, d'Andeteau sur la famille d'Arclais – et l'aimable coopération de Guillaume de Morant et Patrick Van Niewkerke