Le mot vient d'écu parce que l'écuyer est au service du chevalier (celui qui combat en armure et à cheval) : il porte son écu et prend soin(*) de son cheval - le mot écurie vient aussi d'écu). Les Romains les appelaient scutarii mais ils avaient deux catégories d'hommes armés, les autres s'appelant Gentiles. Le terme de Gentil vaut aussi pour des hommes qui, appartenant à une race, tribu, famille, bref une gens, étaient nés libres et vivaient librement, par opposition à ceux qui servaient cette gens.

Ces deux termes étant symboles de vaillance, les Gaulois les ont repris - usant aussi du terme Gentiles pour qualifier des hommes courageux et de parole. En Normandie, Ces termes et celui de Noble sont synonymes : le règlement qui a présidé à la Recherche de 1598 précise que "défense est faite de se qualifier de noble ou d'écuyer à peine de 3000 écus d'amende. Idem en 1634 et 1666.

La Cour du Parlement de Rouen, qui avait à enregistrer l'édit lançant ces recherches, a voulu s'assurer qu'il n'y avait pas de malentendu, expliquant et jugeant par un Arrêt de la cour des Aides du 16.10.1664 que "la qualité de noble a toujours produit en Normandie les mêmes effets que celle d'écuyer : il ne s'est jamais fait de différence entre ces deux noms".

Ce débat linguistique avait son importance car, dans d'autres provinces du royaume, l'usage de la formule "noble homme" était répandue, par courtoisie, aux notables non nobles.Le Parlement tenait donc à marquer au Roi que la Normandie avait obtenu, lors de son rattachement à la France par Philippe-Auguste l'engagement - renouvelé par Louis XI à la fin de la guerre de Cent Ans, puis à chaque avènement - le droit de conserver sa Coutume.

Le Parlement avait un autre motif, et non des moindres, de défendre la portée de l'appellation"noble homme" : pour prouver leur noblesse, les "inquiétés" par ces vérifications de noblesse et recherches d'usurpateur n'avaient "pas d'autres pièces justificatives que des Actes (notariés) où ils sont dit nobles".

De fait, pour prouver sa noblesse par les générations au-dessus de soi, il fallait produire trois actes tels que contrat de mariage ou transaction diverse portant indication du patronyme, de la qualité et de la filiation.

(*) pour exemple du cas de l'écuyer aux Ecuries, La Roque cite le cas de Robert de Pommereul nommé Ecuyer de l'Ecurie du roi par François 1er en 1543.